Transition écologique : plus heureux après ?

Produire moins de pollution, de gaz à effet de serre (GES), peut sembler négatif pour certains qui craignent que ça se traduise par un ralentissement économique, une baisse de niveau de vie, etc.

Pourtant, ce n’est pas une équation directe.

Économie de service versus économie « matérielle »

Est-ce que toutes les manières de produire de la « valeur » (de l’activité économique) ont les mêmes effets sur l’environnement? On comprend bien que l’extraction et le traitement des sables bituminueux, par exemple, produit plus d’externalités que la réalisation d’un spectacle de théâtre.

Justement, nos sociétés occidentales basent de plus en plus leurs économies sur le secteur des services: santé, enseignement, divertissement, finances, commerce, hébergement, restauration, conseil, etc. L’exploitation des ressources naturelles, pour sa part, occupe de moins en moins de travailleurs.

Mais qu’est-ce que ça mange, en hiver, l’économie de services?

Prenons un exemple, fictif mais plausible.

Paul et Samuel ont des emplois épuisants et ils cherchent comment décompresser. Paul fouille sur Internet et trouve un bidule qui lui promet de relaxer et de lui rendre la vie facile. Il sort sa carte de crédit et se procure le truc. Après quelques semaines, il se lasse de l’objet qui se retrouve dans son garage, à amasser la poussière.

Samuel, lui, parle à des amis qui lui proposent une journée « zen »: massage, marche en forêt et jeux de société. Il consacre le même montant que Paul à cette journée (pour le massage). Elle lui donne un regain d’énergie et renforce ses liens sociaux. Il évite d’encombrer son milieu de vie et encourage l’économie locale car la personne qui lui a offert un massage dépense fort probablement la majorité de ses revenus sur place, contrairement à Amazon ou à WalMart…

L’exemple de Paul illustre une économie basée sur les biens matériels, contrairement à celui de Samuel qui est plutôt dans une économie de service. On ne peut pas se passer complètement de l’économie « matériel », bien entendu, mais on devrait, selon moi, viser à ce qu’elle occupe la plus petite place possible.

Décroissance: dangereux ou salutaire?

Et si, au lieu de remplacer l’achat d’un bien par celui d’un service, on le remplaçait par… rien? À première vue, ça aura un impact négatif sur l’économie: moins de consommation = moins de croissance.

Mais la personne qui consomme moins a également besoin de moins de revenus pour subvenir à ses besoins. De plus, considérant les défis environnementaux COLOSSAUX (changements climatiques, accès à l’eau potable, à la nourriture, etc), il y a plus inquiétant, disons.

Les limites de nos ressources naturelles sont connues. Il est préférable de s’arrêter avant de frapper le mur qu’après.

Pour cesser de tourner en rond, l’économie circulaire

Une dernière option à mentionner: utiliser les déchets comme ressources. C’est le principe des centre de tri, ressourceries et autres magasins d’articles usagés.

Mais ça peut aller bien plus loin que ça.

Une entreprise qui produit un résidu x peut trouver une entreprise qui a besoin de cette matière pour fabriquer son propre produit. Une brasserie peut, à ce titre, utiliser les surplus de pain d’une banque alimentaire pour remplacer une partie de l’orge qu’elle utilise.

Qu’est-ce qui nous rend vraiment heureux?

Au final, c’est probablement dans la réponse à cette question que réside le plus grand potentiel de gains environnementaux. Quand on prend le temps de réfléchir sérieusement, on réalise que notre bonheur n’est pas directement proportionnel aux sommes dépensées. J’ai beaucoup de plaisir à écrire l’article que vous lisez présentement. Pourtant, ça ne coûte que quelques sous d’électricité et une très légère usure de mon matériel informatique.

Voici d’ailleurs une suggestion: créez votre liste personnalisée de « bonheurs gratuits ».

Je vous livre une partie de la mienne, pour vous inspirer:

  • Planifier un voyage de cyclotourisme
  • Faire une balade en vélo / ski de fond
  • Déneiger (traitez-moi de masochiste si vous voulez!)
  • Faire et (surtout!) manger du pain
  • Lire un livre ou un magazine
  • Réparer un objet (permet d’économiser!)
  • Rédiger des articles ou penser à de futurs sujets de blogue
  • Observer les oiseaux/la faune
  • Faire du dumpster diving

Cette liste vous sera probablement utile, surtout quand vous aurez l’impression que votre vie est plate et insignifiante. Ça nous arrive tous, un jour ou l’autre.

Sur ce, bonne fin d’hiver (oui, ça achève).

Vos commentaires

J’aime lire vos commentaires. Je ne suis pas toujours d’accord et c’est normal (hein, Marc!?) Mais votre contribution à ma réflexion est précieuse. Alors, ne vous gênez pas pour commenter. Merci.

6 réflexions sur “Transition écologique : plus heureux après ?

  1. J’aime toujours tes sujet de blog meme si a l’occasion je pète ta baloune de rêve ecolo .
    Jaime bien l’idée de décroissance qui reduit les taxes payer a notre état monstre . C’est en fait la seule façon que le citoyen a de limitée la croissance de l’état . Les activité comme les jardins communautaire ou le recyclage d’objet ou le litre d’essence économisé a vélo et aussi cuisiné maison pour évité le resto qui permet de faire de l’évitement fiscal pour les pauvres . Le meme resultat que les riche qui évite l’impôt

    1. Je dois admettre que je suis parfois un peu « naïf-vert-foncé ». Pour moi, c’est probablement ma manière de me protéger contre les absurdités de notre époque. Sinon, je trouverais le monde trop déprimant.

      Je n’avais jamais envisagé la frugalité comme une manière de payer moins de taxes ou d’impôts. Mais c’est vrai que c’est un de ces effets. Merci pour cette réflexion.

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